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Paroles de joueuses

  • Photo du rédacteur: Antoine
    Antoine
  • 20 nov. 2022
  • 12 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 nov. 2022

Nouvelles venues dans l'univers autrefois masculin de Donjons & Dragons, six joueuses se confient sur leurs expériences et leurs impressions.


A l’instar de la fantasy, à qui on a longtemps reproché son manque de figures féminines, on a longtemps cherché les filles dans D&D. Il faut dire que c’était encore l’époque des activités genrées, les messieurs par ici, les dames par là et que personne ne bouge. Pire encore, les Dragons, la magie, tout ça c’était catalogué Nerd : l’image des ados binoclards en surpoids et aux T-Shirts sentant la sueur. L’ultime repoussoir à gonzesse en somme, et les quelques courageuses qui s’y aventuraient étaient parfaitement invisibilisées.


Toutes ces barrières ont, semble-t-il, volé en éclats. Les questions de genre, au centre du débat social occidental, ont eu tendance à décloisonner les activités. De même la culture geek, triomphante, a débordé de ses cases pour devenir culture mainstream.


Alors, c’est de manière revendiquée que Wizard of the Coast a revu sa copie pour sa 5ème édition avec un nouveau mot d’ordre : D&D n’est plus un jeu de garçons ! Pour appuyer sa parole l’éditeur a pu compter sur les podcasts locomotives Critical Role ou Dimension 20, porte-étendards brillants d’une mixité parfaite et heureuse qui pourfend les clichés poussiéreux comme les héros les gnolls.


Mais ce portrait idyllique est-il un cliché fidèle de la société des joueurs, ou bien un sort d’illusion majeure lancé par les équipes de marketing ? Et puis, chez nous ? Notre bonne vieille France suit-elle cette joyeuse révolution ? Enfin, qui sont-elles ces nouvelles joueuses et DM et finalement que pensent elles de tout cela ?


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Scène de dédicace de Christine de Pisan à Isabeau de Bavière

Elles s’appellent Chloé, Juliette, Louise, Emilie, Laure et Lucille, elles sont joueuses ou DM, nouvelles ou anciennes et cet article est avant tout un condensé de leurs témoignages sur leur parcours et leurs expériences de jeu. De fait, il ne s’agit pas ici de commenter une étude statistique poussée mais, au travers des différents entretiens, de dégager quelques tendances et similitudes.


Le chemin des dames

Ces similitudes, elles s'observent déjà dans les chemins qui mènent à D&D. Toutes au départ sont de grandes amatrices de fantasy, ça semble couler de source, et se revendiquent volontiers comme Geek. La découverte de la licence et du principe du jeu de rôle se fait ensuite de plusieurs manières : par l’intermédiaire de séries, en prolongement des expériences dans le jeu vidéo ou par le bouche à oreille au sein de la communauté.

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L’exemple de Juliette est un modèle du chemin classique suivi par les nouvelles joueuses : “J’avais un groupe d’amis, tous des garçons, qui s’étaient lancés dans D&D, c’était à peu près au même moment que je découvrais le principe par l’intermédiaire de séries américaines comme Stranger Things. En tant qu’amatrice de Fantasy, ça m’a tout de suite attirée. Ces amis avaient déjà une table fermée avec une aventure longue durée commencée depuis pas mal de temps, je me contentais d’en entendre parler et j’avais très envie d’essayer, mais c’était difficile de les rejoindre. Quand une nouvelle aventure a démarré je n’ai pas eu à redemander, comme ils avaient compris que ça m’intéressait j’ai été invitée tout de suite


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Comme pour Louise la découverte peut se faire plus directement encore, par l’exposition aux podcasts de D&D mentionnés plus haut : “J’ai découvert D&D assez directement. Un ami m’a montré l’émission Critical Role sur Youtube. On regardait ça et puis il a voulu lancer une partie, je me suis dit que ce serait génial, donc on a acheté les livres et on s’y est mis.”


De jeu vidéo RPG à jeu de rôle papier il n’y a parfois qu’un pas. Et c’est particulièrement le jeu World of Warcraft qu’on retrouve à la base de cette évolution naturelle, comme pour Chloé, Emilie ou Lucille.


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Chloé : “J'ai entendu parler de Donjons et Dragons la première fois en 2015, au travail. J'avais un collègue qui faisait des parties et étant une joueuse pc de World Of Warcraft depuis 2012, j'avais très envie d'aller plus loin dans le roleplay d’un personnage, au delà d'un jeu vidéo. Quand je suis passée DM, je me suis inspirée des histoires que j'écrivais sur mon personnages de WoW (sous forme de mini blog) pour créer ma campagne.”


À armes égales ?

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Miniature du XVe siècle attribuée au maître de la Cité des Dames

Toutes ces joueuses viennent fortement accréditer la thèse d’une nouvelle génération de rôlistes. En effet, de toutes les personnes interrogées, Emilie est la seule à avoir commencé avant la 5ème édition et par la force des choses ne joue presque plus aujourd’hui : “C’était en 2002, je faisais à l’époque du jeu de rôle grandeur nature, et c’est mon petit ami qui y jouait (à D&D). Il m’a invité à sa table et ça à commencé comme ça.”


Alors les filles débarquent en nombre c’est indéniable, mais restent pour autant minoritaires, voire archi minoritaires :

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Juliette : “Autour de moi la pratique reste quand même principalement masculine, dans la table où je joue toutes les semaines, il n’y a que des garçons avec moi. Bien sûr, j’ai déjà joué avec des filles, et je remarque que ça en intéresse certaines, mais dans mon expérience personnelle, ça reste minoritaire.”

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Lucille : “J’ai presque toujours été seule. Je me suis parfois démenée pour ramener des copines dans des one-shot, et ça les a visiblement amusées. Mais dans les campagnes longues, il ne reste souvent que des garçons

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Chloé : “Je n’ai jamais trouvé de table où la proportion de filles dépasse la moitié des joueurs. Et c’est très souvent des filles en couple qui viennent avec leur copain. Quand j’ai eu des tables de joueurs sans liens, notamment en ligne, je ne dépassais pas les 25% de filles.”

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Pour Louise, également DM, les choses sont un peu différentes : “Je fais beaucoup d’initiation donc j’ai à peu près autant de filles que de garçons. J’ai des filles qui m’approchent régulièrement pour découvrir le jeu. Maintenant, c’est vrai que dans les campagnes longues, il y a un peu plus de garçons.”


Un DM féminin pour attirer d’autres filles et rendre le premier pas moins intimidant ? Cette idée semble s’être confirmée au cours des entretiens et est largement partagée :

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Laure : “J'ai commencé grâce à une amie qui est dungeon master, et on était plusieurs à dire qu'on était tentés de tester donc elle nous a proposé de faire notre première partie.”


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Chloé : “Je pense que les filles sont rassurées de jouer avec des MJ filles car elles se sentent davantage protégées.”




En effet, cette domination masculine au sein des tables de jeu, même si elle a tendance à estomper, reste souvent un facteur intimidant :

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Lucille : “J’ai commencé avec mon mec, même si j’ai continué après notre séparation. Mais sans lui je ne sais pas si je m’y serais mise, si j’aurais osé m’inviter seule à une table exclusivement masculine.”


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Juliette : “Je n’ai pas été trop intimidée parce que tous étaient mes amis. Mais c’est parfois stressant de n’être QUE avec des garçons, notamment au moment de la prise de parole, du roleplay, ou c’est parfois un peu dur, c’est peut-être aussi lié à une timidité naturelle, pas seulement au fait d’être une fille.”

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Louise : “Je pense que pour beaucoup de filles, être nerd c’est encore un truc de garçons, un truc qu’on fait pour suivre un mec ou attirer son attention. Il y a un pas plus grand à franchir que pour un mec qui peut simplement tomber sur un livre d&d à la fnac et se dire “oh trop bien, si j’essayais ça avec mes potes ?”


Si par la force des choses, le territoire de Donjons & Dragons est encore majoritairement occupé par des garçons, il n’est en rien une chasse gardée. L’univers fantasy, la culture geek s’adresse désormais à tous les genres et c’est ce que ressentent les nouvelles arrivantes. Très heureuses de cette ouverture progressive, certaines n’oublient pas non plus de pointer du doigt la logique commerciale qui en bénéficie:


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Chloé : “Personnellement, quand j’ai rejoint ma première session, j’ai eu l’impression de plonger dans un monde de geek plus que de mecs. Donc j’ai adoré. J’étais enfin entourée de gens qui, comme moi, avaient une passion pour le roleplay et le jeu de société.”

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Lucille : “Une fois dans le jeu, ça n’avait rien d’un microcosme de mec. Le jeu de rôle c’est avant tout des codes partagés, et ces codes, je pense, sont aussi accessibles aux filles qu’aux garçons. Et puis, je crois que tout le monde est content qu’il y ait de plus en plus de filles, alors l’accueil est toujours bon.”

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Louise : “Aujourd’hui les activités sont plus mixtes, moins genrées que dans la génération précédente. Les choses sont moins marketées à l’usage d’un seul groupe. Quand le jeu est marketé pour des mecs c’est sûr que c’est beaucoup plus dur d’y accéder, même s’il existait des filles fans de Star Wars dès sa sortie ou du Seigneur des Anneaux avant les films, mais c’était un effort plus grand à fournir. Et puis on ne va pas se mentir les commerciaux ne s’en plaignent pas, car ça fait deux fois plus de gens à qui pomper de l’argent. Le marketing avait pendant longtemps sous-estimé le budget nerd, qui est depuis les années 2000 le filon d’or absolu, et de la même manière il se rend compte qu’un T-Shirt D&D avec un gros d20 se vend aussi très bien en rose.”

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Juliette : "Ça ne me surprend pas que D&D cherche à s’affranchir de son image genrée, c’est un fait de société qui touche d’autres médias, comme le jeu vidéo. Évidemment c’est super d’un côté mais il ne faut pas occulter le côté marketing, les filles sont parfois vues comme un simple nouveau débouché.”


Et les barbares devinrent courtois

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Miniature représentant Christine de Pisan

Minoritaires donc, parfois débutantes dans des tables de garçons plus expérimentés formant des groupes soudés, le débarquement dans l’univers du jeu de rôle a pu être intimidant pour plus d’une d’entre elles. De là à se sentir exclue, traitée différemment ? Si heureusement les attitudes masculines sont généralement accueillantes, cordiales et correctes, si aucunes des interrogées n’a jamais eu à souffrir de comportements déplacés ou de traitement ouvertement misogynes, certaines, notamment en position de minorité, peuvent témoigner de reliquats patriarcaux à la vie dure.

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Chloé : “J’ai eu des campagnes avec des groupes masculins où je me suis sentie « fragile » malgré un personnage “tank”. C’est plutôt au niveau du comportement des joueurs que j’ai ressenti ça : ils avaient tendance à vouloir me mettre à l’arrière du groupe, ou bien me protéger alors que c’était à moi d’aller au front. J’ai aussi pu ressentir une mise à l’écart lors des prises de décision et des pauses discussions de groupe. Ils avaient tendance à discuter entre eux sans m’inclure dans la réflexion. Je pense que cela venait surtout du fait que je n’osais pas m’imposer dans le groupe et ils étaient habitués à jouer ensemble donc pour moi je n’associe pas forcément ces comportements au fait que je sois une fille.

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Juliette : “Pour moi ça ne concerne pas trop la prise de parole. Je peux être en retrait par rapport à certains autres joueurs, moins expansive, mais d’autres garçons le sont tout autant, c’est plus une question de timidité que inhérent au fait d’être une fille. En revanche, j'ai parfois l’impression d’être traitée un peu différemment au niveau des règles. On me conseille plus avant chaque tour de combat, on m’explique les règles comme si j’étais une débutante, on me redonne les propriétés d’un sort que j’utilise tout le temps, etc, c’est plus dans ces petits détails là.”

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Lucille : “Je n’ai jamais rien ressenti de problématique. Enfin, c’est vrai que quand je débarque dans une nouvelle table, en ligne par exemple, on a tendance à me prendre pour une débutante, alors que je joue depuis cinq ans très fréquemment. Je peux rencontrer un peu de “mansplaining” au début, mais ça s’estompe très vite heureusement.”

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Louise : “Le mansplaining, ça a pu m’arriver quelque fois, mais j’ai vraiment l’esprit de contradiction. Même si ce n’est pas forcément constructif, quand on me dit “tu sais tu es lanceur de sort, reste bien derrière” j’ai envie de foncer au corps à corps avec mon petit magicien à 12 pv. Ça a le mérite d’assez vite désamorcer ce genre de comportement.”


En plus du “Mansplaining” (il faudrait sérieusement qu’on se penche sur des équivalents français convenables pour tous ces néologismes anglo-saxons), ce sont parfois des excès de gentillesse un peu déstabilisants qui sévissent au sein de la partie : objets magiques laissés à la joueuse féminine comme une porte tenue pour elle et claquée à la tête des autres joueurs, personnage choyé, ultra protégé à l’encontre de la logique de l’histoire et du roleplay : Une galanterie embarrassante proche du syndrome du “gentil garçon”.

Mais si ces attitudes quelque peu patriarcales se rencontrent encore pour des filles seules, elles semblent s’estomper dès que la proportion s’équilibre.


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Chloé : “Au début, j'ai joué avec des groupes qui voulaient systématiquement revoir les règles et remettaient mes décisions en question. Depuis quelque temps, j’ai pris de la confiance et je m’impose davantage en tant que MJ donc je n’ai plus ces comportements mais je pense que manager une campagne avec uniquement des hommes reste difficile. En revanche, dès qu’une joueuse est dans le groupe, ce comportement s’efface.”

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Juliette : “Avec d’autres filles à table, c’est une mécanique un peu différente, ça crée une forme de lien. Il y a un rapport d’entraide et de camaraderie qui a tendance à se développer entre les personnages. Et ça déborde dans la “réalité”, ça m’a rapprochée de filles avec qui je n’étais pas forcément amie en début de partie”


Le roleplay à l'assaut du sexisme

Quelques réminiscences d’un paternalisme souvent inconscient et portant finalement peu à conséquences, et ce serait tout ? Donjons & Dragons flattait autrefois le mâle avec des personnages féminins ultra sexy et essentialisés ainsi que quelques aventures aux clichés poussiéreux. Alors la 5ème édition a-t-elle réussi sa mue ? Visiblement oui à en croire les joueuses, mais aussi grâce aux joueurs. Une analyse que résume bien Juliette :

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“Au niveau de la structure narrative, oui bien sûr il arrive à D&D de recharger des schémas narratifs ultra classiques un peu sexistes, hérités des contes populaires, où il faut aller sauver la jeune fille du forgeron sans défense qui a été capturée par des gobelins, mais dans la mesure où dans D&D ce sont avant tout des joueurs qui forgent l’histoire, une histoire sexiste sur le papier peut être interprétée de manière totalement différente. Par exemple, si les joueurs décident d’incarner un groupe d’aventurières pour aller sauver cette fille de forgeron, alors ils proposeront des archétypes complètement différents de celui de la jeune fille en détresse. C’est à mon avis la manière de jouer bien plus que l’histoire qui importe, pour la tonalité dans d&d.”


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Vittore Carpaccio - L'Ambassade qu'Hippolyte, la reine des amazones envoie à Thésée, Roi d'Athènes

Alors si D&D peut encore véhiculer quelques clichés, il peut surtout, par l’inventivité des joueurs et par la vaste liberté de ton qu’il accorde s’en affranchir aisément. Après tout, les barrières de genre peuvent être dynamitées dans un monde imaginaire où les garçons peuvent incarner des filles et vice et versa. Cette liberté peut aussi pousser les joueuses à enfin incarner des personnages féminins à leur mesure et combler un manque évident de références.


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Louise : “Je vois bien plus souvent des filles jouer des mecs que le contraire, ça c’est certain. C’est peut-être lié au fait que les filles ont beaucoup plus de référents masculins dans les héros d’histoires, notamment en fantasy ou en SF, où les héroïnes sont minoritaires, ce qui fait que les mecs ont peut être moins d’exemples à suivre.”

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Chloé : “Personnellement je n’ai eu que des cas standards, les filles jouent des filles et les garçons des garçons. Maintenant j’ai remarqué que les garçons avaient tendance à incarner des personnages très “idéalisés”, jeunes, beaux, forts, là où les filles choisissent souvent des personnages plus proches d’elles même, sur la taille, l'âge, souvent humaines ou d’ascendance elfique. C’est peut-être une façon qui est propre à chacun de se revaloriser : les uns en s’idéalisant, les autres en s’affirmant tel quel.”

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Juliette : “Personnellement j’aime plus jouer des garçons que des filles à D&D. C’est un peu plus facile pour s’affirmer à table quand il n’y a que des garçons, surtout que la plupart incarnent eux aussi des personnages masculin. Après j’ai déjà vu des mecs jouer des filles et le faire très bien, mais souvent ça reste un peu caricatural. J’ai l’impression que c’est plus facile pour une fille de jouer un garçon que le contraire. Et plus libérateur peut-être.”

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Lucille : “Quand j’ai commencé, je jouais des persos féminins. Mais avec l’expérience je tente plus volontiers d’autre choses. Dans ma dernière campagne, je joue un drakéide masculin, marié et père de famille par exemple. Dans l’absolu j’ai l’impression que c’est pareil pour tout le monde, plus les joueurs sont expérimentés et plus ils tentent des incarnations différentes de qui ils sont réellement.”


Les filles ont toujours le dernier mot

A l’heure d’achever, et sans faire de grandes conclusions péremptoires, je tenais simplement à remercier toutes celles qui m’ont accordé leur temps, au cours de ces entretiens souvent très enrichissants. Au-delà des questions de genre, c’est avant tout une passion commune qui nous rassemble, autour d’un jeu, autour d’un genre. De fait, si s’intégrer dans un univers encore majoritairement masculin n’est pas toujours de tout repos, c’est une mission que toutes accomplissent avec brio. Pour beaucoup d’entre elles, au-delà d’une simple distraction c’est aussi une manière de s’affirmer, de montrer que leur parole compte et que le temps des clichés est révolu. Et comme c’est la parole des joueuses qui est ici à l’honneur, je laisse le mot de la fin à Chloé :

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“ En tout cas, je recommande aux femmes qui souffrent de relations nocives avec des hommes de participer à une campagne, au moins une session de test, pour se sentir différente le temps d’une soirée. Pour moi, le JDR a été une thérapie et c’est pour ça que je me suis lancée en MJ. Je considère que cela aide énormément pour la confiance en soi. Cette expérience, je l’ai partagée avec d’autres joueuses et c’est arrivé avec une collègue après une réunion difficile qu’on se pose et qu’on se dise « allez, t’es une guerrière, t’as peur de rien. »”


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