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Comment bien préparer son roleplay quand on débute à D&D

  • Photo du rédacteur: Hasina
    Hasina
  • 16 avr. 2022
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 juil. 2022

Si apprendre les règles de D&D est relativement simple pour les nouveaux venus, savoir jouer un rôle ne l’est pas forcément. Voici des conseils pour aider au roleplay.


Dans la langue de Shakespeare et de J.K. Rowling, les interactions entre les personnages et l’univers (l’histoire, les autres personnages joueurs – PJ – et les personnages non-joueurs – PNJ –) sont décrites comme étant du « Roleplay », ou jeu de rôle en français. C’est une part si essentielle du jeu qu’elle le définit littéralement : on parle de D&D d’abord comme d’un RPG (Role Playing Game).

Cependant, malgré toute son importance, le roleplay peut être déroutant pour les joueurs débutants, parce que la majorité des gens n’ont pas pris de cours de théâtre et ont du mal à se glisser dans la peau d’un personnage, surtout en improvisation.


Voici donc quelques astuces pour améliorer le RP de vos personnages, pour vous aider à mieux les jouer dans le sens théâtral du terme.


Incarnez vos personnages physiquement

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La solution la plus évidente, pour vous aider, est d’essayer d’habiter physiquement votre personnage. Prendre des accents, ajuster la hauteur de votre voix en fonction du genre biologique de vos personnages et de leurs traits physiques, adopter son langage corporel, s’exprimer avec un vocabulaire lié à son éducation… Prenez aussi en compte la géographie dont il est issu : au sein d’un même pays, quelqu’un venant de la côte ou venant de la montagne n’emploiera pas les mêmes expressions ! Cela peut même se manifester encore autrement (rien qu’en France, le débat « chocolatine » contre « pain au chocolat » fait toujours rage).


N’ayant plus créé de personnages de D&D pendant près d’une décennie, l’appropriation physique m’a aidé à me mettre dans la peau d’un nouveau personnage, simplement en imitant sa voix et son phrasé. Il s’agissait d’un noble drakéïde, aussi j’ai simplement pris l’habitude, lors des phases « en jeu » (j’emploierai dorénavant le terme « RP »), de parler un peu plus grave et avec des formules un peu plus ampoulées.


Faites attention néanmoins à deux points. Premièrement : ça peut être très fatiguant ; je vous assure que vous sortirez des sessions longues avec un respect renouvelé pour les comédiens de doublage. Deuxièmement : faites attention en ce qui concerne les accents (le temps où Michel Leeb faisait rire juste avec des imitations racistes est – heureusement – dépassé) ; ceux-ci doivent servir un personnage et son incarnation avant d’être un ressort comique.


Soyez aussi conscient que juste jouer le physique de ses personnages a ses limites. Si cette méthode permet certains déclics, elle vous fera rester en surface de votre personnage, ce qui peut créer le malaise quand il s’agit de bien le jouer…


Jouez les défauts et les faiblesses

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Ça peut paraître évident, mais pour bien jouer un personnage, mieux vaut bien le connaître. Ça ne nécessite pas de tout savoir de lui, seulement de bien comprendre son caractère, ses forces et ses faiblesses. Et (à mes yeux) ce sont surtout ses faiblesses et comment il va les affronter, les compenser ou y céder qui vont vous aider à habiter votre personnage.

Est-il vantard, ou orgueilleux ? Ou, au contraire, manque-t-il de confiance en lui ? Est-ce qu’il a de « l’intelligence sociale » ou au contraire le monde du sous-texte lui est complètement étranger ? Est-il empathe à l’excès ou est-il sociopathe, ou psychopathe (et dans ces cas, fonctionnel ou non) ? Est-ce un vieux briscard désabusé ou un grand naïf ?


Demandez vous toujours comment transcrire en actes comment votre personnage gère (ou non) ses défauts. Cela vous permettra de générer ou saisir des opportunités qui vous feront jouer la réponse (ou qui vous la feront trouver !). Soyez proactifs pour mettre en scène ces défauts, cela facilitera leur appropriation…


Exemple : votre personnage est paresseux ? Au cours du combat, vous pourriez dire « Rah, mais quelle flemme... » ou encore « Bon, on finit ça vite, j’ai une sieste à rattraper » avant d’attaquer. Ou vous pourriez prendre plus régulièrement l’action Esquiver. Ou, si quelqu’un jette le sort de Sommeil (vous par exemple), votre personnage pourra se mettre à dormir en même temps que les ennemis.


Une fois que vous avez pris plus d’aisance et d’expérience, essayez de trouver des défauts drôles (ou des manière de les jouer avec humour), cela permettra à tous les joueurs de passer un bon moment. Évidemment, ce n’est pas une obligation : certains des meilleurs moments de roleplay sont faits dans des situations émotionnellement sérieuses et graves !


Rappelez vous cependant qu’un personnage n’est jamais défini que par ses défauts et/ou ses faiblesses. Par exemple, un personnage défini par sa haine des Orques sonnera toujours un peu creux s’il n’a pas autre chose qui le fait vibrer.


Donnez leur des goûts et des habitudes

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Jouer un personnage c’est le faire agir, et cela peut être rendu plus facile en lui donnant des tics et habitudes. C’est dans les situations les plus banales qu’un bon RP brille.


Et le mieux (entendu ici comme : le plus marquant), c’est de donner des tics très cohérents avec le personnage et son histoire, mais en total décalage avec la situation et ses attentes !


Par exemple, un des personnages que j’ai le plus aimé jouer jusque là était un Clerc du domaine de la Tombe. Dans la mesure où il vénère un dieu de la mort, il ne voit pas cette dernière comme quelque chose de négatif, bien au contraire ! Aussi, il concluait ses interactions sociales avec des inconnus par un « puissiez vous trouver une mort rapide » en voyant ça comme une bénédiction ! (De la même manière, ce clerc rechignait à soigner ses compagnons, cela nécessitait toujours des négociations).


Imaginez également les habitudes concrètes de votre personnage, et les choses qu’il aime faire. Votre personnage peut aimer pousser la chansonnette par exemple (évitez d’en faire un barde, ce serait tout de même assez cliché) ; et pour bien le manifester, faites lui pousser la chansonnette en plein combat ! Et quand il se fait toucher, incorporez des cris de douleur dans son chant.


Autre exemple : vous pouvez faire un personnage qui aime la bonne chère, et chaque fois qu’il arrive dans une nouvelle bourgade, son premier souci est de découvrir les spécialités culinaires locales. Cela donne du piment, du relief.


Ou tout simplement, trouvez lui (ou préparez lui) des punchlines ! Qui ne se souvient pas des merveilleuses insultes du Capitaine Haddock dans Tintin ? Ou des « Fantastic », « Allons y » et « Geronimo » du Docteur dans Doctor Who ?


Tous ces éléments permettront non seulement de mieux vous approprier votre

personnage, mais aussi de façonner vos relations avec les autres PJ et l’univers.


Les interactions font vivre le récit

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L’art du théâtre d’improvisation, c’est l’art de créer une dynamique créatrice en mettant en scène des caractères très différents. C’est la même chose pour D&D : un personnage qui n’aura pas particulièrement de relief « en soi » peut en acquérir dans la dynamique de groupe !


Essayez de créer des duos ou des trios (plus ou moins) comiques en jouant sur les différences entre les personnages, vous verrez que cela vous donnera plusieurs idées.


Un autre PJ tend à être loufoque ? Accentuez le côté sérieux du vôtre pour créer du conflit. Votre personnage est impulsif/irréfléchi ? Faites en sorte qu’il interagisse avec le cérébral/sage du groupe.


Attention : il ne s’agit pas de faire en sorte que les personnages s’amusent, mais que vous, joueurs, vous vous amusiez !


Cependant, n’essayez pas non plus d’en faire trop. C’est souvent en voulant tout le temps vouloir faire un RP exceptionnel que l’on rend son personnage ennuyeux pour les autres joueurs et le MJ.


Faites également attention à ne négliger aucun des joueurs à la table. Ce n’est pas parce que votre personnage a une bonne alchimie comique avec un ou deux autres PJ que vos relations avec les autres n’est pas intéressante à creuser sous un autre angle. Donnez vous des occasions d’explorer d’autres dynamiques !


Bien sûr, il n’y a pas qu’avec les PJ que vos joueurs interagissent, et c’est aussi là que la clé d’un bon RP réside : avec les PNJ ! On en revient aux défauts : si votre personnage a un problème avec l’autorité, peut-être ne pourra-t-il s’empêcher d’essayer de provoquer un peu (ou beaucoup) les gardes. Ou au contraire, peut-être votre personnage a-t-il tellement à coeur de se faire bien voir des autorités qu’il en paraît immédiatement suspect !


Toujours est-il que la coopération entre les joueurs et/ou le MJ est la clé. Coopération avec un objectif : celui de vous amuser le plus possible, par l’angle du RP. Donnez à boire et à manger aux autres, donnez à autrui des occasions pour qu’ils brillent par leur RP ; ils vous le rendront au centuple. Rappelez vous : vous créez, ensemble, le récit de vos personnages !


Conclusion

Avec ces quelques conseils, vous avez déjà de quoi faire. Pour optimiser ces astuces, le mieux est d’y penser dès la création du personnage (quand la fiche perso vous demande les traits de personnalité, les défauts, les liens et les idéaux… c’est là qu’il faut se projeter dans le RP).


Allez y à votre rythme, c’est au fil des parties qu’on apprend à s’approprier ses

personnages et à s’amuser avec eux – ce qui, en définitive, est le plus important : que vous passiez un bon moment !


H.W.

Odium Ludo Cedat

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